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Demanande de non inscription ou d'effacement d'une condamnation au casier judiciaire

Le casier judiciaire est un fichier informatisé, recensant les condamnations pénales, tenu par un centre de traitement situé à Nantes depuis 1966 et placé sous l'autorité du Ministre de la Justice (direction des affaires criminelles et des grâces).

Le casier judiciaire conserve les condamnations prononcées par les juridictions pénales (cours d'assises, cours d'assises des mineurs, cours d'appel, tribunaux correctionnels, tribunaux de police, tribunaux pour enfants, juges des enfants).

Il conserve aussi certaines décisions prononcées par :

les juridictions commerciales (liquidation judiciaire, faillite personnelle, interdiction de gérer)

certaines décisions administratives et disciplinaires quand elles édictent des incapacités ou les entraînent, même lorsqu'elles n'ont pas été prononcées.


Ces informations sont communiquées sous forme d'extraits appelés "bulletins de casier judiciaire".


Le casier judiciaire des personnes physiques comporte 3 volets :

Le bulletin n° 1 qui comporte toutes les condamnations, à l’exception :

des condamnations prononcées pour contravention de police après un délai de 3 ans,

des déclarations de culpabilité assorties d'une dispense de peine après un délai de 3 ans (il est possible de demander au juge, au moment où est prononcée la dispense de peine, que celle-ci ne soit pas inscrite au casier judiciaire),

des condamnations bénéficiant de l'amnistie ou de la réhabilitation,

des condamnations assorties du sursis après un délai de cinq à dix ans à compter de l'expiration du délai d'épreuve,

des condamnations légères prononcées contre les mineurs,

des jugements prononçant les sanctions commerciales de la faillite personnelle ou de l'interdiction de gérer après un délai de 5 ans, sauf durée plus longue de la mesure, ou lorsque ces mesures sont effacées par un jugement de clôture pour extinction du passif ou par la réhabilitation,

des jugements prononçant la liquidation judiciaire à l'égard d'une personne physique après un délai de 5 ans,

des décisions disciplinaires effacées par la réhabilitation.


Les condamnations pénales ne bénéficiant d'aucune de ces règles sont en tout cas retirées à l'expiration d'un délai de 40 ans après la dernière.

Toutes les condamnations ou décisions sont retirées au décès de l'intéressé.

Le bulletin n°1 ne peut être remis qu’aux autorités judiciaires (ce qui exclut les services de police ou de gendarmerie).


Le bulletin n° 2 comporte la plupart des condamnations figurant au bulletin n°1 à l'exception :

de toutes les condamnations prononcées à l'encontre des mineurs,

des condamnations prononcées pour des contraventions de police,

des condamnations avec sursis, lorsque le délai d'épreuve a pris fin sans nouvelle décision ordonnant l'exécution de la totalité de la peine. Toutefois, les décisions prononçant le suivi sociojudiciaire prévu par l'article 131-36-1 du Code pénal ou la peine d'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs continueront de figurer au bulletin n°2 pendant la durée de la mesure si celle-ci excède celle du délai d'épreuve.


Le bulletin n°2 ne peut être remis qu'à certaines autorités administratives pour des motifs limitativement énumérés (accès à un emploi public, à certaines professions, obtention d'une distinction honorifique par exemple).

Il est possible de demander au juge, soit au moment de la condamnation, soit par une demande postérieure, que la condamnation ne soit pas inscrite au bulletin n°2, mais elle restera inscrite au bulletin n°1.


Le bulletin n° 3 comporte les condamnations les plus graves prononcées pour crime ou délit :

les condamnations à un emprisonnement de plus de deux ans sans sursis ou dont le sursis a été intégralement révoqué,

les condamnations à un emprisonnement sans sursis ne dépassant pas deux ans si le tribunal en a ordonné la mention,

les interdictions, déchéances ou incapacités prononcées à titre principal pendant leur durée,

les décisions prononçant le suivi socio-judiciaire prévu par l'article 131-36-1 du Code pénal ou la peine d'interdiction d'exercer une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs, pendant la durée de la mesure.


Le bulletin n° 3 ne peut être remis sur sa demande qu'à l'intéressé lui-même. Il suffit d’en faire la demande :

par internet sur le site : cjn.justice.gouv.fr

par courrier à l’adresse suivante : Casier judiciaire national – 44317 NANTES CEDEX 3.


Il est possible de demander au juge, soit au moment de la condamnation, soit par une demande postérieure, que la condamnation ne soit pas inscrite au bulletin n° 3 tout en demeurant inscrite au bulletin n° 1 et au bulletin n° 2.


Le casier judiciaire des personnes morales comporte 2 bulletins :

Bulletin n° 1 :

C'est le relevé intégral des informations enregistrées. Il est réservé aux autorités judiciaires.


Bulletin n° 2 :

Son contenu est semblable à celui décrit pour les personnes physiques. Toutefois, les condamnations à une peine d'amende seule inférieure à 37.500 € n'y figurent pas. Le nombre d'autorités administratives autorisées à l'obtenir est réduit.


Comment éviter l’inscription d’une condamnation au casier judiciaire ?

La demande peut être faite lors de l’audience de jugement ou postérieurement à l’audience. Elle vise en général des personnes dont la condamnation pourrait, si elle était portée au bulletin n° 2 du casier judiciaire, engendrer de lourdes conséquences telles que la perte de leur emploi.

Le juge peut faire droit à la demande ou bien la rejeter.

Les conditions d’obtention d’une non inscription au bulletin n°2 du casier judiciaire sont strictes. Il est opportun de vous rapprocher de votre avocat qui vous indiquera les documents à joindre à votre demande et déposera des conclusions si la demande est formulée lors de l’audience.


Comment effacer une condamnation du casier judiciaire ?

Là encore, les conditions d’admission d’une requête en exclusion de bulletin n° 2 sont strictes et ne peuvent être formulées à tout moment.

Avant de vous engager dans une profession qui suppose d’avoir un casier judiciaire « vierge », il est urgent de faire la demande d’effacement de votre condamnation au bulletin n° 2 de votre casier judiciaire puisqu’il n’est pas rare que la Justice mette plusieurs mois à audiencer votre requête.

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